part_de_l_autreFaire un livre sur Hitler, ça peut déranger c'est certain, pourtant E-E Schmitt l'a fait, contre l'avis de ses proches amis qui pensaient qu'il mettait en péril sa carrière. Loin de faire une biographie d'Hitler - n'est abordée que le coté "humain" de l'homme, les horreurs étant en arrière-plan - qui a bien malgré nous marqué l'histoire, l'auteur aborde sa vie de manière originale avec une approche somme toute banale : que se serait-il passé si Adolph Hitler avait réussir son examen d'entrée aux beaux-arts, le court de l'histoire aurait-il été identique ?

Le livre retrace la vie d'Hitler, telle qu'on la connait ainsi que celle d'Adolph H., reçu aux beaux-arts, devenu peintre surréaliste. Deux approches, deux destins tellement différents. 

La vie d'Adolph H. est empreinte de sentiments, de romantisme et d'art, celle d'Hitler n'est somme toute que la quête d'un homme empreint de pouvoir et désagréablement humain... Ce livre est dérangeant pour le lecteur, car bien maglré nous on s'attache à Hitler, tour à tour on s'apitoie sur sa pauvre vie, son mal être pour en définitive l'exécrer de tout notre être devant la noirceur de son âme.

Le leitmotiv de cet ouvrage : on ne né pas Hitler, on le devient ! Je crois dur comme fer à cet adage, on ne peut pas naitre foncièrement mauvais. Certaines circonstances de notre vie font qu'à un moment un déclic se fait, nous fait prendre le mauvais pas, quitte à perdre pied entre la frontière du bien et du mal. Loin de défendre cet homme - ce qu'il a fait restera à jamais inexcusable - je me suis surprise à apprécier certains traits de sa personnalité, à rire en sa compagnie. C'est là où Schmitt montre sa grande plume, il nous le rend humain, à notre portée grâce à cette lente évolution que narre Schmitt de l'homme simple qui devient ce mégalo fou à lier. Il nous montre que finalement quoi que l'on pense nous sommes issu du même moule, s'en est presque terrifiant de s'imaginer qu'en chacun de nous dort une partie noire, notre "nous" nuisible.

Les deux histoires sont intenses au point qu'on referme le livre avec beaucoup de mal. Malgré le chaos engendré par le Führer, on peine à se détacher d'Aldolf H.

Un extrait pourle plaisir...

" Il est là. Il fait face à la foule. Ce ne sont encore que les préliminaires.
La foule est une femme ; la femme est longue à venir ; Hitler est un grand amant parce qu’il est encore plus lent qu’elle. Dès le départ, il livre des arguments, des idées, mais il donne peu. Il traîne. Il retient. Il veut créer l’envie dans la foule. Il veut qu’elle s’ouvre. Il garde ses assauts pour plus tard. Par contre, lorsqu’il s’échauffera, il sera fort, bandant, inépuisable.
En amour, on appelle ça un étalon ; en politique, un démagogue. "

Prix : 6,61 €

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N.B. Si vous avez des livres à conseiller, je suis preneuse j'ai fini ma pile de livres en retard ...