2253150711Quatrième de couverture

« Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde. »

Ce livre a été longtemps encensé par la critique et d’ailleurs l’est encore, après lecture je me demande, pourquoi ? Non pas que je n’ai pas aimé cet ouvrage, juste qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat ! Parlons du négatif, gardons le meilleur pour la fin…

Sur le quatrième de couverture certaines choses avaient attirés mon regard :

- la première « ce roman est très drôle », ce n’est pas comme dévoré un bouquin de Desproges, on sourit certes mais on est loin de se tenir les côtes, le seul bon passage selon moi du livre est sa démission, elle tourne cela tellement en ridicule que cela en est risible et on la comprend !
-  « Face à cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences… ». Je n’ai pas du lire le même roman car selon moi elle a plutôt l’impression d’y trouver fort bien son compte, non ? Elle ne fait pas vraiment d’effort pour améliorer sa situation, ni ne s’en plaint…
- « fréquentes initiatives » pour ce que j’en ai retenu elle a plutôt commis des bourdes qui ont fait qu’elle a été souvent rabrouées par ses supérieurs de par sa maladresse, ce n’est donc pas du sadisme de ses supérieurs !
- « suspens », à partir du moment où l’on sait qu’elle rêvait de devenir traductrice au sein de la compagnie Yumimoto et qu’elle termine en tant que préposé toilettes… y’a plus grand-chose à savoir.

Personnellement je n’ai jamais été au Japon, je n’ai donc pas d’avis objectif à formuler sur cet ouvrage cela dit je trouve le portrait de ce peuple assez sombre et caricaturé, pas vous ? Les Japonais sont froids, incapables de sentiments sincères, racistes envers les Européens qu’ils jugent inférieurs, …

Mis à part ces quelques notes j’ai trouvé ce livre plaisant à lire, il est assez positif car même si vous vivez un véritable enfer au boulot il peut vous démontre qu’il y a forcément pire ailleurs et donc que votre situation est enviable dans un certain sens, qui plus est l’histoire est assez peu commune, on nous dépeint l’histoire d’une jeune femme (ce livre est censé être en partie autobiographique, je me méfie avec la mythomanie bien connue de Miss Nothomb) qui, au lieu de gravir les échelons, les descends... De plus le livre est assez court et assez compréhensible dans l’ensemble, sauf quelques passages où un mot à l’orthographe totalement insolite et inconnu fait son apparition, mais cela est propre à l’auteur, de même que des scènes totalement surréalistes et inutiles de son cru telle que cette scène où nue elle enlace l’ordinateur de la belle Mademoiselle Mori. Bref, du Nothomb tout craché !

Prix : 4 euros environ en poche

Ps : Le titre Stupeurs et tremblements nécessite une explication, il peut laisser penser à un livre d’horreur un peu gore mais il n’en est rien, l’explication est fort simple : le protocole impose, en présence de l'Empereur, considéré jusqu'en 1947 comme un dieu vivant, de manifester avec stupeur et tremblements.
Ce livre a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie Française et a été adapté au cinéma en 2003 par Alain Corneau.

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