Début du livre :

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« Femme enceinte, c’est un peu comme « gay » ou « protestant » : une caractéristique qui prend volontiers le pas sur toutes les autres. Parce qu’on lui fait croire que tout, désormais, tourne autour de son nombril, la parturiente manque bien souvent de recul. Tout prend des proportions énormes, et pas seulement son utérus. Relativisons : la femme enceinte n’est pas une vache sacrée, c’est juste une cousine de Casimir qui n’arrive plus à entrer dans sa baignoire. Quand l’enfant paraît, c’est pire. Dans un monde où tout est livré avec hotline et service clientèle, la maternité reste toujours un domaine mystérieux... »

Loin des manuels de la grossesse heureuse Anne Boulay nous livre sa version à elle de la  « création » (elle a 4 enfants), moins rose et épanouie qu'on veut essayer de nous le faire croire.

Elle nous livre dans cet ouvrage, sans détours, le monde qui gravite autour de la femme enceinte – cette baleine qui fait déborder l'eau du bain - ses petits tracas quotidiens, ses pensées les plus « indignes » mais le plus important, il est déculpabilisant ! Oui déculpabilisant, car chaque femme n'est pas dotée de l'instinct maternel comme équipement de série à la naissance, qui nous fait nous sentir coupable sous le regarde assassin d'une jeune mère, quand on refuse de jouer à gazou-gazou avec son rejeton ou mieux encore, ne pas s'extasier quand ce cher bambin a rendu tout son biberon sur votre chemisier tout neuf... ce n'est que du vomi voyons !

J'ai aimé ce livre car il est bourré d'humour acide, sonnant très souvent juste, truffé d'exemples très bien choisis et actuels mais par-dessus tout parce que grâce à Anne Boulay je suis soulagée de ne plus devoir me sentir coupable de n'être qu'une femme qui n'a aucune affinité avec un bébé qui hurle... mais qui souhaite par-dessus devenir maman très vite !

Extraits choisis:

D''ailleurs la loi impose désormais que sur les boites de lait soit portée la mention « le lait maternel est l'aliment idéal du nourrisson ». On est à deux doigts de « fumer tue » : culpabilisation garantie à chaque biberon (huit fois par jour en moyenne, au début).

C'est une scène maintes fois anticipée: après des mois de nausées, de jambes lourdes et d'insomnies, après des heures de souffrances dont on n'a pas idée, enfin, le bébé est l. Rappelons que, dans les films, le rôle du nouveau-né est généralement interprété par un enfant de trois mois : détail qui a son importance. Le nourrisson qu'on vous pose sur le ventre est légèrement moi photogénique. Un peu sanguinolent,  moitié recouvert de plaques blanches visqueuses, il tient plus du rôti de veau avarié que du bébé Cadum.

Biographie de l'auteur: Anne Boulay est journaliste et écrivain. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef de Air France Madame et mère de quatre enfants. Autre ouvrage : La famille Picoré : Les aventures extraordinaires d'une tribu ordinaire.

On rit, beaucoup. A faire lire à toutes les femmes enceintes aux idées un peu moroses, mais pas seulement !

Prix : 10 euros environ.

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