piluleL’idée de ce post m’est venue après une discussion avec l’Homme, qui, secrètement jaloux de mon gynéco – alors que c’est le sosie de Woody Allen - me demandait si l’on éprouvait du plaisir durant cette courte visite… D’après son visage c’était une question bien sérieuse, comment pouvait-il imaginer pareille chose ?
Voici donc, pour vous messieurs en exclu, la visite chez un gynéco (mâle), sans aucun tabou, on vous dira tout !

Une visite annuelle est conseillée*, c’est donc plus ou moins chaque année à la même date que vous reprenez contact avec son cabinet, ou vous tombez irrémédiablement chez sa secrétaire, une femme tout à fait charmant, vous apprenant, pour ne pas changer, que Monsieur Ovulo ne peut pas nous recevoir avant 2 bonnes semaines – pour les plus chanceuses – vous n’êtes pas pressée, vous prenez date !

Arrive le Jour J, le gros débarquement, vous essayez tant bien que mal d’arriver à l’heure au rendez-vous dans son cabinet, toujours situé en plein centre ville sans aucune place de parking aux alentours, pour constater invariablement que l’endroit est bondé, Monsieur a 1 heure de retard ! A se demander d’ailleurs ce qu’il peut bien faire car la visite avec vous est toujours expédiée !

Tout n’est pas perdu, votre gynéco – sa secrétaire – a pris soin de mettre à jour leur bibliothèque de magazines depuis l’an passé, vous avez donc en exclu le Elle du mois de mars… on est en octobre, ça aurait pu être pire. Pire ? Sans aucun doute, comme ces enfants en bas âges qu’on a pris pour accompagner chez le gynéco – faudra qu’on m’explique – alors que maman n’a même pas de bébé dans le bide à montrer, notez que cela n’est pas si dérangeant si cela se passe comme ça : « Quand est-ce qu’on part ?», « Il va bientôt venir le Monsieur », hein dis maman ? », par contre si ça hurle à tout va parce que la vilaine maman a enlevé des mains du mioche en larmes le livre qu’il était en train de déchiqueter… faut faire preuve de beaucoup de self-control !

Viens enfin votre tour. Si votre gyné a beaucoup d’humour la visite commencera ainsi : « Alors on vient pour l’entretien annuel ? » Si pas, cela se passera comme ceci : « Qu’est ce qui vous amène ? ». L’un comme l’autre aura soit le choix de vous mettre à l’aise dès le départ soit vous faire attraper une jaunisse de justesse tellement vous êtes crispée et mal à l’aise (ma première visite !!). Alors que le commun des mortels attraperait la nausée rien qu’à entendre les mots : glaire, pertes blanches, kyste, cystite, mycose ; vous vous jonglez avec ces termes comme si vous parliez de la pluie ou du beau temps, sans aucune gène ni pudeur, selon le type de problème rencontré… avec un parfait inconnu ! Une fois l’inventaire passé en revue à savoir la fréquence des rapports sexuels (aussi appelé « parcours sexuel », le saut d’obstacle etc.), l’hygiène corporelle, les antécédents chirurgicaux de la patiente et j’en passe, vient ensuite la phase « interdit au moins de 18 ans », le plus salace des films porno n’arrive pas à la cheville d’une séance érotique avec le gynéco !

A peine (très mal) installée sur la table dudit praticien sur une feuille de papier comme celles utilisées pour les gaufres de Liège pour éponger le gras, les pieds sur les étriers, ce cher homme la main armée de gants en plastiques non lubrifiés (cela a toute son importance pour la suite), plonge la main dans votre partie la plus intime afin de vérifier son diagnostic tout en appuyant sur votre ventre ultraplat, comme si cela n’était pas suffisant il croit bon de jouer avec sa panoplie de petit médecin en herbe en sortant l’écarteur, ou spéculum pour les plus savants… (musique des dents de la mer)… afin d’écarter les parois de votre vagin, d’apercevoir le col de l’utérus et la paroi vaginale, afin d’aller récolter un peu de votre fluide à l’aide d’un coton-tige, vous venez de vivre l’éprouvante épreuve du frottis ! Qui, entre nous, vous sera facturé par la suite après envoi dans un laboratoire quelconque.

S’il ne voit rien de louche à ce stade ci, vous pouvez considérez la consultation terminée, le passage à la caisse ne vous aura jamais procuré autant de bien…

Si par contre il voit quelque chose de louche, il peut introduire un espèce de microscope en plus de l’écarteur, vous demandez ce que vous pensez de vos pertes blanches, quel odeur ça vous évoque (véridique !), une rafale de questions supplémentaires, prise de sang…

Une fois rhabillée on vous déleste sans remords de minimum 30 euros - le pire qu’on m’a pris 70 euros - comme si ça les valait, à choisir je préfère un bon resto mais la vie de femme étant ce qu’elle est nous n’avons pas trop le choix !

Bon maintenant lequel de ces messieurs oserait prétendre qu’un rendez-vous chez M. Ovula est aussi agréable qu’une (bonne) partie de jambes en l’air ? Hum ?

Ps : Que celles qui n’ont jamais vu un gynécologue de leur vie se rassurent, j’exagère légèrement, ce n’est pas agréable certes mais cela est très facilement surmontable !

* afin de vérifier que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes au niveau de votre vagin et aussi pour renouveller votre ordonnace de pillules pour l'année à venir... car en principe seul ce bon gynécologue peut vous la faire cette ordonance, en réalité c'est pas trop ça car mon médecin et même mon pharmacien m'ont déjà dépanné pour quelques mois :)